mercredi 27 juillet 2016

Nos épaisseurs






épais comme
des feuilles à rouler
bons à la blague
ou l'écran de fumée






vendredi 22 juillet 2016

La feuille et la branche




lui dit qu'il est et s'étend
l'autre se tire et il est
alors le vent simplement
n'a pas le même déplacement



lundi 18 juillet 2016

Des gens de peu





           Nous sommes des gens de peu. Des gens de peu de voix, de peu de paroles. De peu d'expansion ou d'éclats dans la voix. Des gens de peu de conversation, de peu de position. De peu de compliments ou d'attouchements. Des gens de peu de vivacité, de peu de spontanéité. De peu d'amitiés.
           Les gens de peu sont souvent entrevus dans l'inattention. On en attache peu d'importance. Ils ont peu de prise. Cependant c'est ce peu qu'est l'importance. Ce peu est une conviction. Ce peu est la conviction du simple.
           Depuis des mois qui ont fait des années, nous avons préparé l'événement avec la conviction de ce peu. Nous avons patiemment collecté, accumulé et façonné chacun de ces peu, petit à petit, un peu chaque jour. Nous y avons mis un peu de monnaie, un peu de sueur, un peu de nous, de plus en plus ces derniers mois. Nous l'avons fait dans l'esprit que nous avions de l'événement, tel qu'il devait être. D'abord tel qu'il devait être à nos yeux, emprunt de nos poignées de convictions, puis convaincus de nos poignets. Puis pas à pas tel qu'il pourrait à vos yeux. Du simple clou à la plus petite boîte, du plus petit des pots au plus grand tasseau, nous avons placé passionnément chaque élément, nous avons placé nos passions dans chaque élément.
           Nous sommes des gens de peu et le pensons profondément. C'est ce peu qui nous tient debout, celui-là qui nous donne faim et le même qui se dresse derrière chacun de nos choix. Ce peu à l'origine de chaque naissance matinale, de chaque naissance minérale. A l'origine de chaque naissance organique.
           A l'aube de vous recevoir, je vous dirai qu'en regardant la table élevée, il y avait un goût de trop peu. Que finalement ce que nous avions à offrir ne représenterait – représenter est erroné, il n'y a pas de jeu, de représentation – ne serait pas suffisant à l'attente d'un tel événement. Puis vous êtes venus de partout. Vous avez marché dans chacun de nos peu tracés, avec vous quelques-uns qui en ont esquissé ou dessiné avec nous, parfois indirectement, sans même en être conscient. Juste en répondant présent un temps avant. Simplement.
           Et nous avons vu tout le jour et au delà vos yeux magnifiques. Aux côtés de ceux passés à côtés, nous avons vu chacun des regards qui ont compris, qui nous ont compris. Qui nous ont pris profondément. Vous n'avez pas vu nos peu de pleurs à l'intérieur. C'était votre joie de partager, votre joie de rire et d'être là, entièrement.
           Nous nous connaissons de près, de plus près ou de moins. Vous aurez ce petit quelque chose, ce petit chose à l'intérieur, ce petit sourire de vous reconnaître, sans besoin d'énumérer. Dans le peu de certitudes qui nous habite, celle confortée qu'il y a des gens formidables. Dans le peu d'estime qui nous habite parfois, la sensation que ce formidable se reflète en nous, qu'il n'est pas possible qu'ici rassemblés pour nous, nous ne le soyons nous-mêmes un peu. Ainsi nous serions nous aussi un peu formidable, au moins un peu. Ainsi dans le monde notre simple ou notre peu pèse un peu, prend un peu de corps, de poids.
           Aussi ce soir j'ai deux regrets. Le regret de n'avoir débuté ces lignes par cet autre discours :« Je ne connais pas la moitié d'entre vous à moitié autant que je le voudrais ; et j'aime moins que la moitié d'entre vous à moitié aussi bien que vous le méritez. ». Et le regret de ne pas avoir prononcé ce peu de lignes en votre présence.



Il est vrai,
il est inutile de remercier les gens pour ce qu'ils sont.
Mais qu'il bon de s'en réjouir.




mardi 5 juillet 2016

C'est cadeau






il faut s'entendre
qu'on est pas fait pour ça
des miroirs sont nécessaires
des courbes dans le regard
une économie vasculaire
dans les investitures

sinon
bordel de merde

il n'y aurait pas d'autres côtés
de ciel comme un nez rouge
juste une remise
ou un chèque cadeau
il n'y aurait que l'autre côté




samedi 2 juillet 2016

mgv2_85 | 20th anniversary | 07_16





Le numéro 85 de mgv2 est paru ce 1er juillet. Numéro spécial car fêtant les 20 années de la revue, 20 années de travail et de pugnacité de l'éditeur, Walter Ruhlmann.



 Son introduction : 

L'été de mes 21 ans, je m'ai tué… Bon, il ne faut pas exagérer ! Cet été là, dès juin en fait, l'idée de créer une revue littéraire me germe dans la tête. Je lis de la poésie depuis un petit moment et j'en écris depuis plus longtemps encore, avec la publication de L'orchidée noctambule l'automne précédent.
C'est de cette rencontre avec l'éditeur et poète Frédéric Maire que germe réellement la graine, que je veux mauvaise, loin des clichés de la poésie à l'eau de rose que je lis trop souvent ici, ou là.
Thierry Piet, qui co-animait, les éditions Echo Optique fut aussi d'un précieux conseil. Et il y en a eu tellement d'autres qui d'une façon ou d'une autre m'ont fait avancer à coups de pied au derrière ou par leur soutien sans faille : Teresinka Pereira, Jan Bardeau, Erich von Neff, Paul van Melle, Pierre Vaast, Bruno Tomera, Aurora Antonovic...
La graine a alors germé, la plante a pu pousser comme une rose sur un tas d'ordure.
Ce n'est pas une grande surprise si cette revue a souvent été comparée et associée aux fleurs : chardons, orties, mandragores, daturas… Sauf que l'idée n'a jamais été qu'elle respire l'air pur, que son odeur soit agréable, et pour sortir de la métaphore, que les textes qu'on y lit soient complaisants. Notre credo de l'époque (je n'ai pas toujours été seul à la barre: Craig McCafferty, Morgane, Bzone) : que le texte qu'on vient de lire ne nous donne pas envie de lire tout de suite autre chose, que ce texte nous traumatise suffisamment pour ne pas pouvoir en sortir immédiatement.
Dans ce numéro très spécial du 20ème anniversaire, vous découvrirez des textes inédits d'auteurs et des œuvres d'artistes fidèles qui ont eux mêmes choisi des textes ou des illustrations déjà publiés dans la revue ces 20 dernières années. Vous pourrez aussi lire des textes que j'ai choisis de rééditer. Vous verrez aussi à travers les polices de caractère choisies l'évolution de la revue : d'un format A5 tapé à la machine aux dernières possibilités d'éditions en ligne.
J'aurais encore beaucoup à dire, notamment penser à ceux qui sont présents dans ce numéro, ont été publiés dans les pages de Mauvaise graine – mgversion2>datura – mais ont disparu. Je ne dirai rien, je deviendrais liquoreux.
Je n'ai donc plus qu'à remercier tous ceux qui depuis un, cinq, dix ou vingt ans sont là, vous tous de me faire confiance en me confiant vos textes et vos illustrations et vous souhaiter une bonne lecture.


Je le remercie à mon tour, pour les participations à l'aventure, les encouragements. A travers son engagement dans une certaine idée de la poésie, Walter a su s'attacher un nombre d'auteurs non négligeable, et surtout développer avec eux des rapports d'une confiance privilégiée. Je suis heureux d'en faire parti, & je souhaite à tous de nombreux autres numéros.


 Au fil de ce numéro anniversaire plein de 190 pages, vous croiserez : 
  
Cover illustration: originally by Craig McCafferty, reworked by Bruno Bernard, then Walter Ruhlmann, finally by Stéphane Bernard.
Inside illustrations: Stéphane Bernard, François Biajoux, Volodymyr Bilyk, Sophie Brassart, Alexandra Bouge, Henri Cachau, Gustave Caillebotte, Stephen Farr, Cathy Garcia, Alain Lacouchie, Marie C. Lecrivain, Flora Michèle Marin, Karla Linn Merrifield, Norman J. Olson, Joann Sorolla, Tomasz, Amanda Velocet, Andy Vérol, Laurent de Walick, Brenda Whiteway.
Jan Bardeau: Deux textes courts
Le choix de Jan Bardeau: Textes d'Alexandra Bouge
Editor's picks | Les choix de l'éditeur
Norman J. Olson: Unsafe Sex in the Suburbs
Norman J. Olson's pick: My Lost Brother by Jan Oskar Hansen
Editor's picks | Les choix de l'éditeur
Alexandra Bouge: Deux textes courts – Photographie
Le choix d'Alexandra Bouge: To Be An Asylum Seeker by Handsen Chikorowe
Alain Crozier: Nuit norvégienne
Le choix d'Alain Crozier: Une photo de Flora Michele Marin
Patrice Maltaverne: Trois poèmes
Le choix de Patrice Maltaverne: Une photo de François Biajoux
Cathy Garcia: Mordre le temps et Trois cornues
Le choix de Cathy Garcia: Chutes de Jan Bardeau
Jean-Christophe Belleveaux: toxique
Le choix de Jean-Christophe Belleveaux: Une photo de François Biajoux
Denis Emorine : Chez Tigris
Le choix de Denis Emorine: Une peinture de Norman Olson
Marlène Tissot: Le bon pinard
Le choix de Marlène Tissot: Des excuses, toujours des excuses, (De connerie en connerie) de Ludovic Kaspar
Editor's picks | Les choix de l'éditeur
Steve Klepetar: Reruns
Steve Klepetar's pick: Writer’s Conference Brochure by Lyn Lifshin
Lyn Lifshin: Father Throws Four Kids Off Bridge
Lyn Lifshin's pick
Daniel Y. Harris & Irene Koronas: Two excerpts from h.e/s.he scatology in 315 wor./d sec./tions
Daniel Y. Harris' pick: Anselm by Gregory Vincent St Thomassino
Christopher Barnes: Five Counter-factual Poems
Christopher Barnes' pick: The Slave by Peter O'Neill
Sébastien Ayreault: Oil Change, Une histoire de pingouin et Quelques souvenirs de Bulgarie
Le choix de Sébastien Ayreault: Sur la banquette arrière de Marlène Tissot
Editor's picks | Les choix de l'éditeur
Jeanne Gerval Arouff: La danse du rire
Le choix de Jeanne Gerval Arouff: Beach Boys in Motion
Helen Hagemann: First Seduction and Last Time in a Restaurant
Helen Hagemann's pick: Rose by Lyn Lifshin and an ink by Norman Olson
Fern G. Z. Carr: Pigalle
Fern G. Z. Carr's pick: Dangle Mountain by Katherine Czerwinski
Karla Linn Merrifield: The Twins, Château d’Ivre Is a Long Way from St.-Sulpice Cloister
Karla Linn Merrifield's picks: Biodiverse and Pollen du soir by Sophie Brassart
J.J. Steinfeld: Betrayals
J.J. Steinfeld's pick 1: Photograph by Brenda Whiteway
J.J. Steinfeld: Three Sealed Envelopes with Delicate Wings
J.J. Steinfeld's pick 2: Holocaust Genealogy by Fern G.Z. Carr
Ben Nardolilli: Country Living and No Network Access
Ben Nardolilli's pick: To the Moon and Back by Steve Klepetar
Editor's picks | Les choix de l'éditeur
Stéphane Bernard: Amuser la sève, Un ragoût d'orgueils, Stable comme une tombe et Spermoderme
Le choix de Stéphane Bernard: Deux poèmes de Christophe Bregaint
Fabrice Farre: Poème
Le choix de Fabrice Farre: Deux poèmes de Stéphane Bernard
Vincent: Polaroid d’une autodestruction mal programmée et Barcelone by life
Le choix de Vincent: Un moyen de s'apprivoiser de Marlène Tissot
Caleb Puckett: Diver Down and A Bench in Bonaventure Cemetery.
Caleb Puckett's pick: An ink by Norman J. Olson
David Herrle: Between Chronons, Fatherless Time and Katy Perry and Rihanna
David Herrle's pick: Face by Flora Michèle Marin
Volodymyr Bilyk: Brow, Itch and The Badass Man
Volodymyr Bilyk's pick: A vispo by Amanda Earl
Perrin Langda: Lettre à un jeune poète pour qu'il évite de perdre sa copine une treizième fois, Punchlines d'un lover à un pote et Poème coool
Le choix de Perrin Langda: The Dock Walker de Walter Ruhlmann
Elizabeth Tyrell: Fang
Elizabeth Tyrell's pick: The Dominatrix by Peter O'Neill
Ruth Sabath Rosenthal: City of Lights
Ruth Sabath Rosenthal's pick
Cédric Bernard: Contenance
Le choix de Cédric Bernard: un poème de Sophie Brassart
Alain Lasverne: La vie continue
Le choix d'Alain Lasverne: Pensées de Lucien Suel
James B. Nicola: Three poems
James B. Nicola's picks: “The Dog” by Erich von Neff, a photograph by Marie Lecrivain and a photograph by François Biajoux
Sophie Brassart: A sophisticated war et Le crime et la lumière
Le choix de Sophie Brassart: Trade, Commerce d'Erich von Neff
Emily Ramser:I Googled The Word Exorcise After You Tried To Add Me On Facebook and Stage of Grief
Emily Ramser's picks: A Hungry Creature That Hates Fast Food by J. J. Steinfeld and Rez School Lunch by Emily Severance
Editor's picks | Les choix de l'éditeur
Marie C. Lecrivain: If I Died First…
Marie C. Lecrivain's pick 1:Still Fires Burning by Deborah Guzzi
Marie C. Lecrivain: The Fall and Rise of a Black Star: A Coronet of Sonnets Dedicated to David Bowie
Marie C. Lecrivain's pick 2: drawing tree branches and ink on paper by Norman J. Olson
Peter O'Neill: Grottesque
Peter O'Neill's pick: Sommets by Cee Jay
Gabrielle Burrel: Soufle et Ile
Le premier choix de Gabrielle Burel: Portrait du poète d'aujourd'hui de Jean-Pierre Lesieur.
Le deuxième choix de Gabrielle Burel: un poème extrait de Les chants du malaise de Walter Ruhlmann
Gary Beck: Digital Excess and Contrivance
Gary Beck's pick: The Congo Kid Comes Home by Tom Sheehan
Deborah Guzzi: The Mean High Tide Line, A Case of Ubiquitous Observation, White Man’s Burden
Deborah Guzzi's pick: The Swimming Pool by Jan Oskar Hansen
CeeJay: Aux arbres citoyens
Le choix de Cee Jay: La cuisine du diable (The Devil's Kitchen) by Jack Grady
Jack Grady: Dark Voyage
Jack Grady's pick: Something Grows bt Steve Klepetar
François Ibanez: Trois poèmes
Le choix de François Ibanez: poèmes de Christophe Brégaint
Editor's picks | Les choix de l'éditeur
Murièle Modély: poème
Le choix de Murièle Modély: Sea Out d'Eleannor Bennet
Bruce Louis Dodson: Discovery and Postcard from Kowloon, Chungking Mansions
Margaret O'Driscoll: Dewdrops
Margaret O'Driscoll's pick: The Summer Dawn (extract) by Julien Burri
Greg Patrick: Traveler
Greg Patrick's pick: Cool on my Island by Stephen Farr
Steve Slavin: Swingers
Steve Slavin's pick: Viewing Pleasure by Gary Beck and So It's a Fire by Matt McGee
Tim Tipton: My Hand is a Poem and Solitude
Tim Tipton's pick: God Must Be a Beautiful and Lonely Outcast by Kyle Hemming
Irene Koronas: three excerpts from Codify
Irene Koronas' pick: Flash de Cathy Garcia
Editor's picks | Les choix de l'éditeur
Contributors' biographies | Biographies des contributeurs


pour le télécharger la bête (et oui, gracieusement partagé par l'éditeur)



 



 entre les autres et foisonnants concours,
un aperçu de ma contribution :

















 

vendredi 1 juillet 2016

En attendant les loups les chiens



 
Nous serions ainsi les chiens avides le nez en l'air à humer les gueules ouvertes le lave-vaisselle entrouvert, les braises chatoyantes de la certitude de l'incertain dans l'insert des entrailles. Peut-être attendre qu'un maître veuille bien mettre ou pas justement en route la machine. Attendre qu'un autre mette fin mette à mort enfin cette certitude. En attendons nous serions ces casseroles bouillonnantes débordantes de bave désireuse d'entre des bords adipeux et des couvercles branlants. Ce qui brûle et mord la main de celui qui tend vers nous la main. Nous serions du moins tenterions d'être notre maître queue d'être maître de notre queue ce qui tend et brûle et mord. En attendant.
Il faut arrêter de croire que ces zones où se porte l'ombre sont des petites morts de la lumière des incubateurs de saturnisme. Il faut arrêter de les braquer. Il y a assez de mines de plomb pour ça. Ces zones où se porte l'ombre sont les points de départ sont l'espace entre la canine et la dent de loup les expectorations d'expectatives naissantes. Les attenants.



 

jeudi 30 juin 2016

Poésiechroniquetaboule






Un reflet de ma Boule à facettes
dans l’œil de Patrice Maltaverne,
qui éclaire ma propre journée.
Sa chronique dans la malle ici

Je l'en remercie vivement,
à tantôt


Quelques exemplaires encore
disponible via message




vendredi 24 juin 2016

Je suis cet arbre








nous serions-nous
si je n'étais celui
qui puise
par ses branches
la lumière d'à terre











mercredi 22 juin 2016

Des visages



 
si je participe au visage du monde
regarde-moi l'obscurité
excuse-moi l'obscurité
le déchiré de l'enveloppe
et les rais
regarde bien le fond de gorge
le trait rond envolé
ce que s'approprie
sans l'imbécile idée en soi
d'associer ou dissocier
l'extinction
des yeux
mieux à crevoir
nous n'étions plus à ça
nous n'étions plus à ceci
nous n'étions plus près
ceci ou cela
nous étions plus près
nous étions juste
dans le bonheur dans la décomposition